Les actualités Monde Marine : Safari au Botswana

Safari au Botswana

Chaque retour de voyage est difficile à appréhender tant il vous déconnecte de votre quotidien… C’est très souvent ce que le voyageur recherche en foulant le sol d’une autre région, d’un autre pays, d’un autre continent. Chaque voyage est initiatique mais il y a des périples qui vous marquent plus que d’autres.

Balade en mekoro dans le delta de l'Okavango au Botswana

Introduction : l’Okavango

Nous quittons la ville de Maun, les premières lueurs du Bush apparaissent. Nous avons une idée encore assez floue de ce qui nous attend. Nous rejoignons notre premier campement en mokoro, barques traditionnelles creusées dans le bois et manœuvrées à l’aide d’une longue perche par un batelier qu’on appelle « poler ». Nous arrivons à l’embarcadère où les polers s’affèrent pour que nous soyons confortablement assis pendant la traversée. Je crois que c’est à partir de ce moment que le temps s’est arrêté pour moi et n’a repris sa course folle qu’en posant le pied à Paris CDG.

Le Botswana fascine et vous coupe du temps.

Je n’ai plus eu idée des jours, de l’heure, des durées, à partir du moment où j’ai embarqué à bord de ce mokoro… En réalité, j’ai savamment orchestré mon cerveau, pour ne plus me poser les questions qui me conditionnent habituellement : « quelle heure est-il, quel jour sommes nous ? depuis combien de temps ? «

Hippopotames dans la rivière à Moremi Game Reserve

La simple idée d’être coupée du monde me réjouissait. Je n’avais pas encore pleine conscience que le territoire sur lequel j’allais vivre ces prochains jours n’était autre que celui des fauves, et des mammifères en tout genre.

L’idée m’a en revanche rapidement séduite, et si je dois être honnête, quelque peu effrayée aussi… La première nuit fut mouvementée, entre le grognement des hippo, le barrissement des éléphants, le rire acerbes des hyènes. Et soudain, dans cette cacophonie nocturne, une envie qui se fait pressente.

Un voyage initiatique où j’ai découvert un autre moi. Je me pensais trop froussarde pour franchir le seuil de ma tente. Équipée de ma lampe frontale, bravant mes peurs, j’avance dans la nuit les yeux écarquillés, pour rejoindre les toilettes de brousse. Des petits points lumineux, de plus en plus nombreux, m’aident à me repérer dans la nuit. Quand je comprends que ce sont les yeux des animaux qui m’observent, je me stoppe net et m’agenouille. Tapis dans l’herbe, paralysée, je rentre finalement au pas de charge dans ma tente!

Moments de vie en safari

Chaque matin, quand vous ouvrez les yeux et vous extirpez péniblement de votre tente, le spectacle qui se dessine à la lueur du jour emplit votre cœur d’une émotion que je n’ai pas souvent ressenti. Un apaisement intérieur, un apaisement de l’esprit, comme si j’étais lavée de toute couche superflus. Apprécier la beauté de la vie sauvage qui nous entoure, comprendre les enjeux écologiques. Le spectacle est si beau à voir qu’on voudrait ne plus jamais s’en passer… Ici la nature est reine et ce sont nous les étrangers… L’Homme n’a qu’à bien se tenir. On nous apprend à se faire tout petit et à effacer nos traces afin de laisser la nature telle que nous l’avons trouvé… Vierge de toute activité humaine.

Le safari commence

Eléphant, zèbres et lechwe à Moremi Game Reserve au Botswana

D’abord à pied, puis en 4×4, permettant une approche quasi palpable du règne animal.

Nous trouvons notre rythme de croisière : Levée 6h, démontage des tentes puis petit déjeuner au cœur du bush. Premier safari à la lueur du jour. La nature s’éveille, les couleurs aussi, les tons sont pastels, les animaux sont encore timides, les oiseaux en profitent pour se faire entendre. Ce sourire béat ne me quitte plus. Je suis émerveillée. j’ai retrouvé mon âme de petite fille. Je commence à sentir cette proximité avec la nature, mes peurs me quittent peu à peu, et la barrière entre l’homme et l’animal semble désormais si mince. Il est temps de rentrer pour le déjeuner. Papi notre cuisto a déjà tout préparé et s’affère déjà pour le dîner du soir. Papi, c’est un magicien, il a ce pouvoir de préparer des mets absolument divins en plein cœur du bush, avec un feu de bois en guise de four. Pour l’anniversaire de Nelly, il nous a même concocté un délicieux gâteau cuit à l’étouffée, un régal pour les papilles !

Lion faisant la sieste à l'ombre, Botswana

L’après-midi est souvent propice à la sieste, à la lecture à l’ombre d’un mopane. Vers 16h, nous repartons en safari. J’adore ce moment de la journée, les couleurs sont chaudes, presque brûlantes, nous assistons à de superbes couchers de soleil, l’activité animale est vive, propice aux scènes de chasse. Il faut croire que la chance nous sourit, là à quelques mètres de nous, le léopard ! On croirait qu’il pause pour nous. Sous le crépitement des appareils photos, je le regarde, il semble impassible. Nous le mirons pendant de longues minutes, la nuit commence à tomber, il faut rentrer au camp. Nous longeons la rivière Chobe. Le spectacle est grandiose, digne d’une scène de théâtre, les troupeaux d’éléphants s’abreuvent par centaines, 3 lionnes sont tapis dans les herbes hautes prêtes à bondir sur les zèbres qui s’abreuvent à quelques mètres. Échec cuisant pour ces dames qui repartent le ventre vide…

Le périple touche à sa fin

De notre côté aussi, la faim nous appelle, les estomacs sont vides mais les cœurs sont remplis d’émotion… Cette immersion totale au cœur du bush a quelque chose de déconcertant, une envie de ne plus jamais vivre sans, tant la nature alimente l’esprit d’ondes pures, et puis le sentiment qu’il est temps de quitter les lieux, de laisser libre cette nature qui ne nous a rien demandé. Papi nous attend au coin du feu, encore une fois il nous a préparé un festin comme si chaque soir était le dernier soir, mais là c’est bel et bien le dernier soir.

Leopard qui baille sur un arbre au Botswana

On sent que les cœurs sont lourds, Gabriel notre guide, fidèle a lui même, tente de détendre l’atmosphère en nous parlant de ses expériences dans le bush, mais nous savons tous que celle-ci touche à sa fin. Nous savourons ces derniers instants, la voûte étoilée ne nous a pas quittée, la pureté du ciel est envoûtante. Étonnement je dors sur mes deux oreilles ce soir là, comme s’il m’avait fallu tout le séjour pour comprendre qu’il ne pourrait rien m’arriver. Je crois que c’est ce qui m’a marqué au Botswana, cette symbiose entre l’homme et l’animal. Ici pas de rangers armés, pas de campement barricadé… On campe à l’ombre d’un arbre, à l’orée du monde sauvage, qui la nuit nous observe, sans jamais que nos guides n’en soient inquiétés. La confiance qu’ils ont en l’animal gagne petit à petit la nôtre, ils ont appris à écouter et observer les animaux, leur permettant d’adapter leur propre comportement, pour que la rencontre s’effectue dans le plus grand respect.

Le Botswana a laissé une trace dans ma mémoire et dans ma vie.

Babouins au coucher du soleil à Chobe au Botswana

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